La gestion de la crise sanitaire révèle l’incapacité de nos gouvernants de se projeter dans le nouveau monde dans lequel nous venons de rentrer, car le monde d’après, nous y sommes. Aucune attention n’est portée aux causes fondamentales de cette crise : la destruction des habitats naturels des animaux « sauvages », à côté d’élevages souvent concentrationnaires. Cette crise n’est qu’une des manifestations des conséquences de la destruction par l’homme de la nature. Le réchauffement climatique (qui entraîne le dégel du permafrost, réservoir d’un monde microbien et viral inconnu), l’épuisement des ressources naturelles, la crise de la biodiversité en sont quelques-unes des autres facettes.

Ceci dans un contexte social d’une extrême tension : qui va payer ?
En embuscade, prêts à tirer tous les profits possibles de ce qui n’est pour eux qu’une opportunité, les aigrefins du capitalisme : industries pharmaceutiques, mais aussi toutes les entreprises de green washing.
Lénine disait que le capitaliste vendrait la corde pour le pendre, nous y sommes presque. C’est l’ère du capitalisme suicidaire qui s’ouvre. Prêt à entraîner dans sa chute l’ensemble de l’humanité.

Le nouveau cycle dans lequel nous rentrons va voir se multiplier l’ensemble de ces épiphénomènes liés à cette crise globale : nouvelles crises sanitaires, voire crise sanitaire permanente, catastrophes climatiques, crises économiques et sociales, migrations de masse, etc. Le chapelet est long à égrainer.

Déjà des mutations, en germes, se sont affirmées. Liste en vrac et non exhaustive : télétravail, télécommerce, numérisation des loisirs (plateformes de films en streaming sur internet remplaçant le cinéma, mais aussi les concerts, les spectacles, etc.), téléconsultations médicales, visioconférences en remplacement des réunions de travail, mais aussi familiales ou amicales. Sans oublier tout le flicage qu’offrent ces nouvelles technologies.

Tous ceux qui rêvent à un retour au monde d’avant, se bercent d’illusions. Comme nos gouvernants, plus que jamais dans une vision à court terme qui ne dépasse guère l’horizon des prochaines élections.
L’humanité vient de tourner une page, et cela impose une mutation de beaucoup de nos pratiques.

La crise que nous traversons nous conduira inévitablement vers d’autres rivages, mais pour les atteindre, il faudra s’adapter ou disparaître.
Nos résistances doivent aussi s’adapter.


En automne, nos ateliers ont eu lieu dans notre grande salle ou en extérieur, selon nos envies, la météo et surtout les mesures sanitaires. Maintenant, c’est plus clair, tout se passe en visioconférence. Quand la barrière de l’initiation au numérique a été franchie, c’est finalement une opportunité qui s’offre à nous. Et si nous avons hâte de vous retrouver en vrai et de reprendre nos ateliers “ comme avant ”, ce qui est sûr, c’est que nous avons ajouté une nouvelle corde à notre arc et qu’il est amusant de tirer dessus. Ci-dessous, ce qui se passe chez nous…

ATELIER INITIATION
par Claudine
La vidéoconférence…pour quelqu’un comme moi qui n’a pas beaucoup d’affinités avec les smartphones et compagnie, c’est un mot assez rébarbatif qui ne m’inspirait rien de bon quand notre animatrice Isabelle nous en a parlé !

Rien ne vaut une rencontre en chair et en os !

Quand on aime faire du théâtre, c’est qu’on a envie de rencontrer des gens, s’exprimer, s’éclater même, car au théâtre, on peut tout exagérer ! C’est une libération, que dis-je, une exorcisation de nos démons intérieurs… !

Et puis, comment ça marche d’abord ce truc de vidéomachin… ? Sûr que moi qui ne suis pas douée en électronique, je n’y arriverai jamais !
Grrmlml !!!
Mais…c’est qu’elle insiste ! Et comment, qu’elle insiste !

LA TROUPE DU PREAU
On avance, à petits pas et tous ensemble.
L’aventure rebondit, d’éclats de rire en surprises. Bientôt, nos capsules vidéos sur le site et les réseaux sociaux…
La Troupe du Préau vous présente ses meilleurs vœux !

Et heureusement qu’elle insiste ! Car la semaine suivante : nouveau confinement ! Misère, misère ! Trop de contaminés, trop de malades ! Cette pandémie n’en finit pas ! Hors de question de se réunir pour du théâtre…
C’est là qu’on comprend tout l’intérêt de ZOOM ! Et à force de s’appliquer - on n’a pas le choix – voilà qu’on arrive à se voir tous sur l’écran de l’ordi !

Quelle merveille, cette électronique !

C’est fabuleux ! A l’heure convenue, on se voit, on se parle ! - un peu tous en même temps, ce qui fait une cacophonie assez indescriptible, mais qu’importe ! On est tellement heureux de se retrouver ! Carine prend son chien sur les genoux, Albert mange une tartine, Bernard disparaît et réapparaît inopinément ; on voit passer d’autres personnes au fond de l’écran…

Chez moi, la première rencontre montrait la bibliothèque de mon bureau, assez mal rangée. Pour la fois suivante, j’ai étalé devant, un grand drap jaune pâle en flanelle qui vient de ma tante Marguerite. Il paraît que cela donne une luminosité parfaite ! Ouf !
Alors, Isabelle nous explique le sujet de l’impro qu’on va présenter chacun son tour, et qu’elle va enregistrer. Quelque chose du plus loufoque possible car c’est là qu’on peut se lâcher ! Faut pas hésiter à se déguiser, à crier, à gesticuler : c’est le défoulement complet !

Même qu’on peut le faire deux fois, quand Isabelle oublie de lancer l’enregistrement…
Qui aurait cru que le confinement nous donnerait des occasions pareilles !
Vivement jeudi prochain, qu’on se retrouve tous et toutes plus déjantés que jamais !

CROQU’ NET
Non ce n’est pas de la science-fiction mais c’est une première. Nous ouvrirons un atelier qui se déroule exclusivement en visioconférence ou plutôt en téléprésence. Beaucoup de gens parlent de virtuel mais pour nous, c’est bien réel. La preuve ? Nous créons des capsules de théâtre-vidéo que vous pourrez découvrir sur notre site et les réseaux sociaux.

Cette expérience débutera dés que le groupe sera composé de 6 à 8 personnes. Nous sommes 3 pour le moment.


Les Clowns et la Troupe du Préau font salle et pelouse combles.
A force de (sur)vivre dans notre grosse bulle pandémique, on l’a presque oublié, mais il y a eu une vie théâtrale entre les deux confinements !

Pour la Troupe du Préau, elle s’est concrétisée le 8 octobre par un déplacement à Libramont. Dixième représentation de « La vie est une maladie mortelle » à l’occasion de la rentrée académique de la Haute école Robert Schuman qui a un département paramédical.

Décor : la grande salle en demi-cercle du centre culturel local.
Inconvénient : la représentation se fait en conclusion d’une longue série d’interventions qui a assoupi une partie du public. Bilan : une salle moins réactive que d’habitude (mais, dixit Rita, la réserve fait aussi partie du caractère ardennais).

Mais les commentaires sont positifs à l’issue du spectacle et le plaisir de jouer ensemble est intact. Et puis, la Haute école n’a pas fait les choses à moitié, nous accueillant comme une vraie troupe professionnelle, avec repas (au pluriel) et logement dans un confortable hôtel. Bref, comme l’a écrit Christelle, un déplacement inoubliable…

Mais avant cela, sous le soleil de la mi-septembre, la troupe du Préau, accompagnée des clowns de Croquemitaine, s’en est allée mettre du rire, des chansons et de la danse dans les deux cités d’habitations sociales de Bailleul. Dans le vestiaire du théâtre, chacun a trouvé de quoi se déguiser, et un orchestre déjanté s’est formé avec des voix puissantes en guise d’instruments. Et sans forfanterie, on peut le dire : nous avons fait pelouse comble, devant des habitants enchantés !

Le virus obligeant les théâtreux à se réinventer, clowns et orchestre devaient remettre cela le 18 octobre, lors d’une balade contée dans les sentiers de Bailleul. Mais la résurgence de l’épidémie en a décidé autrement. Pour l’heure, c’est Zoom qui héberge nos petites répétitions.
Avec le même plaisir de jouer ensemble...


Si la Covid-19 n’a pas réussi à bâillonner syndicats et militants. À Tournai, la FGTB a organisé deux actions ce dernier trimestre. Notre troupe s’est vu confier l’animation.

28 septembre, hôtel de Ville de Tournai, action enveloppe « bien-être »

Tous les deux ans, les partenaires sociaux (en gros les syndicats et les patrons) doivent se mettre d’accord pour répartir une somme d’argent entre les différents allocataires sociaux (chômeurs, parents solos, pensionnés…). Mais le patronat décide de prendre les plus démunis en otages et bloque les négociations. Il voudrait lier cet accord à toute une série d’autres négociations (salaires, crédit-temps, formation,…)

Par cette image théâtrale, nous avons représenté les précarisés de notre société face aux vautours qui tentent d’achever ce qu’il reste de notre sécurité sociale.

23 novembre, palais de justice de Tournai, action de sensibilisation au droit de grève.
23 novembre, Journée internationale des Droits Humains. Ce même jour, la FGTB fait appel de la condamnation de dix-sept syndicalistes qui ont rejoint un barrage routier. Les syndicalistes qui luttent pour la justice sociale et la solidarité sont-ils des criminels ? Derrière ce procès, se cache la volonté de décrédibiliser la lutte syndicale, de dissuader les travailleurs de faire grève, de restreindre et de diaboliser les moyens de lutte, notamment dans l’espace public. Et pas que pour les syndicats mais aussi pour tous les mouvements sociaux, pour toute personne qui participe à une mobilisation publique.
Retrouvez ces actions en détails et dans la rubrique vidéos.

Cette crise actuelle fait beaucoup d’ombre à une autre : la crise écologique. En ce moment, c’est le festival du plastique, des produits chimiques, des grandes surfaces et autres c… comme la nouvelle pollution de notre Escaut.

Alors qu’on nous rappelle à chaque instant qu’il faut préserver notre santé, celle de notre planète terre peut attendre. Notre santé en dépend, mais ça, ça a l’air compliqué à comprendre. Illogisme, vue à court terme, pour profit immédiat.

Puisqu’on est sur le thème écologique, il nous faut annoncer une autre mauvaise nouvelle. Un monument s’est effondré : Gilbert Cardon. Pour les malheureux qui ne connaissent pas encore ce nom, laissez-nous vous le présenter. Co-fondateur des « Fraternités ouvrières », une association mouscronnoise qui sensibilisait depuis 1969 tout public à la permaculture avant même que celle-ci soit envahie par des hordes de bobos débandants et de vegans dogmatiques coincés. Gilbert leur conseillait une bonne frite ketchup.

On pourrait vous en dire plus mais difficile de faire mieux que « La Jungle étroite » ce documentaire réalisé par notre ami (et ancien du Croqu’) Benjamin Hennot. C’est libre et facile à trouver sur youtube. C’est rempli de punchlines comme seul Gilbert en était capable et qui ferait passer Chuck Norris pour Charles Michel. Allez vite grappiller 57 minutes de bandes passantes, c’est bon pour votre moral et NOTRE planète ! Et c’est même pas contradictoire !


8 mars, Journée Internationale des Droits des Femmes. Nous vous proposons un atelier de deux heures en visioconférence. chaque mercredi (l’horaire est à définir entre les participant.e.s). Enfin un événement qui ne s’annule pas !

Objectif 1 : créer une, deux, trois… capsules vidéos humoristiques sur les droits des femmes, et réveiller les consciences sans bouger de chez soi, depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone.
Cet atelier, garanti sans virus, se veut aussi un espace de rencontre où échanger nos points de vue, nos connaissances, en toute bienveillance. Pas question de se prendre la tête mais de s’amuser. Cet atelier sera ce que nous en ferons !

Vous n’y connaissez rien en informatique ?
Pas de souci, un animateur vous accompagnera dans votre initiation, à votre rythme, et de façon individuelle.


Les clowns
Deux dimanches par mois de 10h à 16h, en attente de déconfinement

Troupe du Préau
Un jeudi sur deux de 10h30 à 12h30, en visioconférence

Atelier initiation
Chaque jeudi de 18h15 à 20h15, en visioconférence

Croqu’net
2 heures/semaine
Le jour et la tranche horaire sera décidé à la convenance du groupe
L’activité doit compter entre 6 et 8 personnes pour débuter

Laboratoire du 8 mars
7 séances de 2h en visioconférence
Du 13 janvier au 24 février, horaire à définir


8 mars
Journée Internationale des Droits des Femmes

préparation et lancement de capsules vidéos sur Internet
13 janvier et le 24 février, horaire à définir


Retrouvez les capsules vidéos de nos ateliers dans la rubrique vidéos.


En ce jour de Noël ensoleillé, j’ai participé à une mini-mission humanitaire pour l’un des camps de transmigrants entre Dunkerque et Calais.

Plusieurs camionnettes comprenant habits, tapis de sol de récup, bois de chauffage, nourriture... partait de Tournai en passant par Lille. Comme c’est la première fois que j’y allais et que j’avais lu un tas de trucs glauques sur le sujet, je m’étais préparé psychologiquement à voir les pires horreurs (la boue, les déchets, les maladies, les flics zélés…)
 Et...finalement, c’est tout le contraire qui nous attendait. Pas que la misère y soit absente, pas qu’il n’y ait plus de raisons d’être révolté. Mais que la joie peut aussi s’inviter dans les pires conditions.
Dans ce camp à majorité kurde (un peuple combattant contre l’Etat Islamique, faut-il le rappeler), il y avait une véritable fiesta. En effet, parmi les associations déjà présentes (Emmaüs, Help4Dunkerke,..) certains avaient eu la bonne idée de ramener des baffles avec connexion WIFI pour fêter Noël. Au programme : DJ set participatif, musique électro-kurde, danse endiablée (un genre de french cancan punk kurde) A cela s’ajoutaient un clown et des jongleurs…
 Et dire qu’on était prêt à payer une fortune pour danser dans la boue au Festival de Dour. Distanciations, c’est quoi encore ?? Bref, ce qui est interdit pour nous est autorisé dans ce no man’s land. Parmi les nombreuses choses qui leur manquent : écouter de la musique à un volume raisonnable, on dirait pas comme ça… mais c’est important.
La barrière de la langue m’amène surtout à discuter avec d’autres activistes… dont certains qui connaissent le Croqu’.... ça donne des idées, non ? Mais la nuit tombe, il est temps de lever les amarres.
Le prochain convoi est prévu en janvier. D’ici là, on cherche des habits chauds et de la thune pour l’essence…
Contact : irienationgambia@gmail.com

Voici la version au format pdf de notre Objectif Lune n°41

Vous pouvez consulter attentivement toutes les archives de l’Objectif Lune