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Les clowns au domaine de Bourgogne d’Estaimbourg - Chronique Clownesque #13

26 août, par Eric Rouxhet

samedi 29 août 2020

Enfin la reprise des ateliers ! Nous ne sommes que cinq et, vu les impératifs de distanciation sociale, c’est plutôt un avantage.

D’ailleurs, Rita nous propose de travailler dans la cour. Il fait beau, nous sommes encerclés de splendides roses trémières et une légère brise emportera nos microbes éventuels dans les airs. Bref : une situation idéale compte tenu des circonstances.

Passés les échauffements d’usage, nous proposons tour à tour des démarches assorties ou non de bruitages que nos partenaires s’efforcent de reproduire le plus fidèlement possible (c’est là qu’on voit l’irréductible originalité de chacun). Comme d’habitude, nous essayons ensuite de décrire le plus précisément possible les prouesses des autres.

Et là, sans transition ni repos, Rita nous demande de transformer le tout en parade clownesque ! Après un bref conciliabule qui ne nous aura mis d’accord que sur l’ordre de passage, nous entamons les répétitions sur le terre-plein de l’église d’en face. Cela reste plutôt confus et nous avons bien du mal à garder nos distances, ce que, malgré le danger, je trouve rassurant. Se rappeler que les circonstances nous imposent d’être une troupe de clowns solitaires ! Un scénario se dégage peu à peu : un poulailler déboule, avec ponte d’œufs et combat de coqs suivi d’une avancée menaçante et vociférante vers le public se terminant par de plates excuses. L’une de nous veut alors embrasser un spectateur et nous devons la retenir à tout prix et la séquence prend fin par l’exhibition d’une brochette de rieurs avant que nous ne quittions la scène à la nage.

Aucune parole ne sera prononcée, nous nous contenterons de bruits plus ou moins harmonieux. Nous avons à peine ébauché ce programme que Rita nous emmène dans le domaine récréatif d’Estaimbourg où les moelleuses pelouses et les plaines de jeux nous offriront un public de choix. Nous voilà à pied d’œuvre costumés en clown.
Le masque est obligatoire, aussi devons-nous ficher notre nez rouge par-dessus. Après une brève tournée d’inspection, nous jetons notre dévolu sur un groupe d’enfants assis au loin dans l’herbe.
Deux cents mètres à faire la volaille avant d’y parvenir. Cela donne le temps à d’autres enfants de sortir d’un bosquet et nous accompagner en nous provoquant gentiment.
Une fois arrivés, surprise : les pique-niqueurs sont des adultes ! Ils sont « bon public » et nous pouvons enfin exécuter notre parade puis retourner au point de départ mais à la nage cette fois. Un garde du parc, moniteur sportif, nous a même assuré que nous étions bons nageurs.

C’est vrai que dans cet océan de verdure…. Le public potentiel, encore peu nombreux en début d’après-midi se cantonne autour des plaines de jeux. Afin d’assurer une entrée plus surprenante et surtout moins fatigante, nous décidons de surgir de derrière une haute haie qui longe la plaine.
Nous écartons le feuillage afin d’observer où se trouvent exactement les enfants et devons ressembler à des clowns pervers préparant leur coup !
Mais nous apparaissons bientôt et pouvons jouer. Aucune peur chez les enfants qui viennent nous taquiner ou nous canarder de leurs éclats de rire depuis le donjon d’une structure en bois.

De groupe en groupe, nous jouons encore trois fois avant de tomber le masque sous l’effet de la chaleur. Une clown avait même fait le choix malheureux d’enfiler une superbe veste écossaise en laine vierge !
Au vu de la très courte préparation, nos saynètes se sont naturellement améliorées au fil des passages, dopées par un public réceptif. Des camarades habituées à l’animation enfantine enthousiasment des enfants. Puis la journée se termine sous le parasol d’une buvette providentielle.