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Édito

Un avenir masqué ?

vendredi 4 septembre 2020, par IT

Un avenir masqué ?
La liste des pays où grondent les révoltes s’allonge toutes les semaines : Thaïlande, Belarus, Bulgarie, Iran, USA, Mali, Côte d’Ivoire, Bolivie, Liban, Éthiopie, Inde, Bangladesh, Indonésie. Ils rejoignent les révoltes commencées en 2019 et qui se poursuivent en 2020, Hong Kong, Algérie, France, Irak, Chili, Équateur, Haïti, Égypte, Tunisie, Soudan, Sri Lanka, Catalogne. On peut désormais parler de nouveau désordre mondial.

Les effets de la crise économiques ne se feront vraiment sentir que les prochains mois ! La crise sanitaire, administrée en vue de la remise en route de la sacro-sainte économie, est loin d’être terminée et connaîtra d’autres développements dans les prochains mois. La crise climatique connaît une progression toujours plus spectaculaire, malgré cela la lutte contre les périls, qui menacent la vie elle-même, est presque tombée dans les oubliettes.
Le monde d’après, tant vanté, ressemble drôlement à celui d’avant… en pire.

Pourquoi en serait-il autrement ? Même système économique, même dirigeants, pourquoi changer une équipe qui remporte de si brillants succès ?
Chacun ressent que notre monde est à bout de souffle. Certains tentent, au milieu des ruines, de l’oublier dans de dernières fêtes.
Beaucoup, nostalgiques de ce monde d’avant, s’inquiètent de pouvoir un jour y vivre à nouveau. L’avenir est masqué, tout le monde cherche un horizon crédible.
Les mois prochains seront décisifs. Les soubresauts qui agitent déjà ce vieux monde vont se propager et s’amplifier. Nos dirigeants en sont conscients, s’il y a eu pénurie de masques, il n’y en aura pas pour les grenades lacrymogènes, les commandes sont déjà passées, gouverner c’est prévoir.

L’enjeu de ces luttes qui viennent, c’est la couleur du futur.
Le capitalisme nous entraîne dans un monde sans couleur, noir et blanc, gris. Un de ces univers de science-fiction cauchemardesque, fracturé profondément entre pauvres et riches, contrôlé par des démocratures et des dictocraties : froideur des tableurs, loi des algorithmes.

Nous pouvons pourtant encore empêcher ce désastre. Un des slogans de mai 1968 était « on a raison de se révolter ». Aujourd’hui c’est un devoir !
Seules nos rebellions peuvent donner l’espérance d’un avenir où il y a encore de la couleur. Le rouge de la vie, le vert de l’espoir, le jaune de la fraternité, et le bleu d’un ciel… sans le capitalisme.