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Édito

Au-dessus du vide

vendredi 17 juillet 2020, par IT

Au-dessus du vide
Dans les dessins animés, il est courant de voir l’un des protagonistes occupé à courir, voir le sol se dérober sous ses pieds. Le personnage continue sa course, au-dessus du vide. Ce n’est que lorsqu’il réalise la situation que la chute se produit.

Assurément il y a de cela dans le moment où nous nous trouvons
Dans les dessins animés, le personnage, souvent le pas gentil, chute et même se casse méchamment la figure. Mais la scène suivante, il est à nouveau là, bon pied bon œil, prêt à reprendre sa course ou sa poursuite.

Une poignée de bouffons gère une crise écologique gravissime, combinée à une crise sanitaire et une crise économique, avec pour seul horizon le maintien de leur pouvoir et surtout de celui des marionnettistes qui les agitent, l’oligarchie capitaliste. N’ayons pas peur des gros mots.
Vont-ils parvenir, comme dans le dessin animé, à rebondir ?

Jusqu’à présent le capitalisme a montré une telle résilience et les systèmes de domination une telle plasticité, qu’un rebond du vieux monde est loin d’être improbable, c’est un euphémisme.
Pourtant pendant un moment le confinement avait laissé se former des bulles d’espoir, le monde ne serait plus comme avant.

Hélas toutes les mauvaises habitudes sont reprises, dans un monde encore plus sous surveillance, sanitaire, policière, toujours sous les diktats des grands groupes capitalistes, dont certains profitent honteusement de la situation.
Au-delà des discours lénifiants sur la solidarité, rideau de fumée pour calmer les esprits en période de confinement, le système tente de se relancer une fois de plus.

La Covid 19 et ses conséquences ont encore accentué les inégalités sociales, l’austérité et le « plus de travail » sont les perspectives qui nous sont promises.
Les rêveurs de jours meilleurs ont bien dû se réveiller. Ces jours-là n’arriveront pas sans combats.
Partout où c’était possible, les luttes de toutes natures ont repris, avec plus de vigueur et de radicalité.

Les mois qui viennent nous diront si le personnage du dessin animé, évoqué plus haut, arrive une nouvelle fois à se relever et à reprendre la course.
Si chacun y met du sien, comme pour les charivaris de soutien aux soignants, et que chacun joue son rôle de grain de sable, c’est peut-être possible de l’écharper au point de le réduire en bouillie, et que le dessin animé se termine sur un générique joyeux ?

Rien n’est joué.